Table des matières
- Ce qu'il faut retenir
- Pourquoi cette question est importante ?
- 1. Une estimation ne répond pas toujours à la même question
- 2. Il faut comparer le montant que vous percevrez réellement
- 3. Tous les professionnels n'ont pas les mêmes compétences
- 4. Le niveau d'examen de la collection peut être très différent
- 5. Comme dans toute profession, le sérieux peut varier
- Ce que nous observons à la Maison Calves
- Questions liées
Il est fréquent que deux professionnels donnent des estimations différentes pour une même collection de timbres. La méthode d'évaluation, le mode de vente envisagé, le degré d'examen de la collection, la spécialité du professionnel et, plus rarement, le sérieux de celui-ci peuvent conduire à des écarts parfois importants. Une différence d'estimation ne signifie donc pas forcément qu'une des deux est erronée.
Ce qu'il faut retenir
- Une maison de ventes estime un prix de vente espéré, tandis qu'un négociant évalue généralement le prix qu'il est prêt à payer immédiatement.
- Tous les professionnels n'ont pas les mêmes domaines de spécialité.
- Une estimation réalisée sur quelques photographies ne peut pas être aussi précise qu'un examen complet de la collection.
- Pour limiter les risques, il est indispensable de s'adresser à un professionnel reconnu et spécialisé.
Pourquoi cette question est importante ?
De nombreux propriétaires sont surpris d'obtenir des estimations très différentes pour une même collection. Les écarts peuvent parfois être importants. Avant d'en conclure qu'un professionnel se trompe ou manque de sérieux, il faut comprendre que tous n'évaluent pas une collection dans le même objectif.
1. Une estimation ne répond pas toujours à la même question
Lorsqu'un négociant examine une collection, il cherche généralement à déterminer le prix auquel il peut l'acheter immédiatement. Une maison de ventes aux enchères ou de vente sur offres estime, au contraire, le prix que la collection pourrait atteindre lors d'une vente publique.
Ces deux chiffres répondent donc à des logiques différentes :
- le premier correspond à une offre d'achat ferme ;
- le second est une estimation de vente, qui dépendra de l'intérêt des enchérisseurs le jour de la vacation.
Dans le cas d'une vente aux enchères ou d'une vente sur offres, une estimation élevée ne garantit pas que la collection sera vendue à ce prix. Si le prix de réserve est fixé trop haut ou si les enchérisseurs sont moins nombreux que prévu, la collection peut être adjugée à un montant inférieur... ou rester invendue.
2. Il faut comparer le montant que vous percevrez réellement
Deux professionnels peuvent annoncer des montants proches, mais cela ne signifie pas que vous recevrez la même somme.
Dans le cas d'une vente aux enchères, le produit de la vente est généralement diminué des frais vendeur. À l'inverse, une offre d'achat d'un négociant correspond au montant qui vous sera effectivement payé.
Avant de comparer deux propositions, il est donc important de vérifier s'il s'agit du montant brut ou du montant net que vous percevrez.
3. Tous les professionnels n'ont pas les mêmes compétences
Certaines collections sont relativement simples à évaluer. D'autres associent plusieurs domaines très spécialisés : France classique ; colonies françaises ; timbres étrangers ; marcophilie ; variétés ; histoire postale, etc.
Un professionnel qui connaît parfaitement un domaine peut être moins à l'aise dans un autre. Il peut également choisir d'acheter moins cher une spécialité qu'il devra ensuite revendre à un confrère.
En particulier, certaines maisons de ventes généralistes qui organisent des ventes dans de nombreux domaines (tableaux, bijoux, mobilier, livres, objets d'art, etc.) sont susceptibles de passer à côté d'une rareté faute d'une expertise suffisamment spécialisée.
4. Le niveau d'examen de la collection peut être très différent
Toutes les estimations ne reposent pas sur le même niveau d'analyse. Une première estimation réalisée à partir de quelques photographies permet surtout d'apprécier l'ordre de grandeur de la collection.
À l'inverse, un examen complet de tous les albums peut révéler des variétés, des lettres rares, des certificats anciens ou des pièces importantes qui n'étaient pas visibles au premier abord. Il n'est pas rare qu'une collection paraissant ordinaire au premier regard réserve plusieurs surprises après un examen approfondi.
5. Comme dans toute profession, le sérieux peut varier
Le marché de la philatélie compte de nombreux professionnels compétents, mais il existe aussi des pratiques discutables. Avant de confier une collection importante, il est recommandé de vérifier la réputation du professionnel, son expérience et son appartenance à une organisation reconnue.
En France, la CNEP (Chambre Syndicale Française des Négociants et Experts en Philatélie) est la principale organisation professionnelle du secteur. Le fait d'en être membre constitue un premier élément de confiance, même s'il reste utile de se renseigner de manière plus approfondie sur le cabinet ou le négociant que l'on envisage de consulter.
Le logo de la CNEPCe que nous observons à la Maison Calves
Dans notre activité, nous examinons chaque année plusieurs centaines de collections très différentes. Il arrive régulièrement qu'une première estimation soit révisée après un examen plus approfondi, parce qu'une pièce rare, une lettre importante ou un certificat ancien a été identifié.
Notre rôle ne consiste pas seulement à attribuer une valeur à une collection. En tant que cabinet d'expertise indépendant, nous déterminons également quelle solution de vente est la plus adaptée : achat direct lorsqu'il constitue la meilleure option, ou orientation vers une maison de ventes lorsque la collection a davantage de chances d'y être valorisée.